dimanche 5 novembre 2017

Muraille Sud du Ramougn: du raisin sinon rien...





Dernier touché de caillou en altitude pour cette saison avant l'arrivée tant annoncée et attendue de la matière blanche.
Envie de sortir de nos sentiers battus et de caresser autre chose que le calcaire, on se rend à Cap de Long avec l'objectif de faire "les poupées russes".
Dans la vallée, on prend le temps car s'il faisait 18° sur la côte à 6h du mat' (fort vent du Sud), à St Lary, le mercure taquine la barre fatidique du seuil de congélation. On part sur le principe qu'il faut laisser le temps à la face Sud de la Muraille du Ramougn de se réchauffer.

Sur place, on cherche la fameuse sangle noire qui permet de repérer la fissure de départ. Ici, au pied de la paroi, tout se ressemble.
"En veux tu, en voilà" des fissures, des surplombs, des possibilités de démarrages. Mais rien qui nous permet - à nos yeux- de distinguer le bon et les faux départs.

On cherche, on scrute, on fouille du regard, on fait des vas et viens et l'heure, indéniablement tourne.
Cela ne sent pas bon pour notre orgueil, alors à défaut de jouer avec les poupées russes, nous irons prendre une grappe de raisin et pas n'importe laquelle: Raisin d'Ours.

Jolie petite voie facile, équipée, se déroulant sur un très beau rocher dans un cadre magnifique avec à ce jour le massif du pic Long saupoudré.



Pas d'indigestion de raisins puisque la voie est courte et qu'après un peu plus de 1h30 de grimpe, on sort de table avec un sérieux creux au ventre.





Vraiment, un très joli cadre qui ne nous fera pas regretter le voyage.




mercredi 25 octobre 2017

Du bleu pour du noir sur du rose.

Laurent Naegelen a écrit récemment sur un réseau social: "Au bout du tunnel...la lumière."
Façon de dire que la météo en France était bien merdique tandis qu'en Espagne le soleil était  au rendez vous pour ce weekend, et, qu'il suffisait juste de passer le tunnel du Somport pour s'en rendre compte.
Ceci dit, sa citation est valable uniquement dans le sens Nord / Sud, car pour le retour, elle prend un sérieux coup de plomb dans l'aile.
En fait, à y réfléchir, le seul endroit où la météo ne change pas de l'année, c'est dans le tunnel.

La lumière pour ce dimanche, c'est de nouveau Riglos, où avec Louis, nous rejoindrons Laurent (Anton) Quitterie et leur progéniture.
Au jeu de la courte paille avec sa chère et tendre, Laurent gagnera son ticket pour venir grimper avec nous.

On se décide donc pour aller faire une vieille voie remise au goût du jour: Négro sobre Rosa.
Voie entièrement équipée, assez facile, avec deux parties distinctes.
La première partie remonte un système de fissure / cheminée avec traversée tandis que la deuxième gravit en 3 longueurs, un fronton de plus en plus raide sur un excellent caillou.

Le topo:


L1:



Rémi et Stéphanie dans une voie juste à côté.


L2: Suite de la cheminée


L3: Traversée facile équipée d'une corde fixe avec une jolie vue sur la Visera.
L4: Franchissement d'un mur sur un rocher par endroit qui n'inspire pas une grande confiance. Relais sur arbre à la sortie.


Nouvelle traversée puis remontée d'un canal à pied jusqu'à la base du bastion final avec ses trois longueurs.

L6: L'histoire se raidit et le caillou devient vraiment très bon;



L7: La plus jolie. Verticale dans sa totalité.




L8: Franchissement de deux panzas  dont la première typée bloc et la seconde plus finote.


 Descente facile à pied en allant chercher le haut de Mallos Frechin.

Une escalade qui permet de revisiter une vieille voie et de refaire un brin de voyage sur les traces des anciens. Sur le plan grimpe, nous sommes un peu restés sur notre faim. D'ailleurs, afin de la calmer, nous nous taperons en bas des bocadillos qui ne feront pas un pli. 

Retour en France et " au bout du tunnel... les ténèbres".




mardi 17 octobre 2017

Vous prendrez bien un morceau de Gruyère, non???





-" On va se faire déboiter!"
C'est exactement cette phrase que je retiendrais de Jean Pierre, lors de l'approche de notre objectif du jour.
Et quel objectif !!!
Une paroi que nous avions repérée cet été avec Olivier.
Une paroi pas comme toutes celles que nous connaissons dans les Pyrénées.
Une paroi, élancée, verticale, voire un poil déversante par endroits, petite mais avec tout d'une grande et surtout garnie de....trous, plein de trous, une multitude de trous. Verdun mais à la verticale.
Aucun de nous trois avions vu un truc pareil: un véritable Gruyère ou Emmental en rayon.

Plateau de fromage:




Venus en Septembre avec JP pour commencer une ouverture sur le côté droit, on s'était rendu compte que la verticalité de la chose n'allait pas nous rendre la tâche facile ; d'où sa petite phrase : "on va se faire déboiter!"

Je dois bien avouer que j'étais un peu impressionné par cette paroi et que je pensais fortement que la progression serait tellement longue pour le leader qu'il y avait de fortes chances que deux pigeonneaux ne décolleraient pas du sol.
Et puis au final, on aura parcouru un peu plus de la moitié de la ligne imaginée du bas ( 3 longueurs) avec d'excellentes surprises sur un rocher magnifique, d'une qualité exceptionnelle. Notre seul soucis fut de savoir si les trous étaient crochetant ou plutôt fuyant, de façon a pouvoir se poser correctement sur les crochets pour pouvoir équiper.

Malheureusement, nous n'avons pu terminer la voie, mais nous savons maintenant qu'elle est très prometteuse. Il nous tarde déjà ce printemps pour aller terminer notre plateau fromage.
-"Vous prendrez bien un morceau de Gruyère, non???"

L1



 
L2 avec Olivier aux manettes





L3 Je partage la longueur avec JP . A force de voir des trous partout, j'en ferais un dans la stratosphère pour son plus grand plaisir.
 Une longueur raide, raide, raide...




Ben voilà, j'espère que cela vous a donné faim.
Après les tartiflettes de cet hiver, on reprendra avec grand plaisir un peu de Gruyère ou d'Emmental au printemps. Pas vous???

lundi 9 octobre 2017

Anboto: voie "Zurdaia" 360m 6b+( 6a+ / A0 oblig)






Niko, c'est un peu mon guide routard des sites d'escalades basques. Il a le don de me trouver des endroits magiques, des lieux et de la grimpe qui remplissent les yeux plein d'étoiles et qui laissent rêveur.
Ce coup ci, il m'a encore trouvé une Pépite : Anboto et sa face Est.
Très souvent, je dénigre les collines basques au profil d'un relief plus imposant, pensant que la grimpe y était souvent limitée à des sites de couennes ou de petites falaises, bonnes pour tirer éventuellement 2 longueurs tout au plus.
Et puis voila que Niko me déniche "Zurdaia", une ligne de 360m, 8 longueurs semi équipées  et rien en dessous du 6a sur un calcaire parfait, proposant de la dalle, du dièdre, du surplomb, des murs "à gouttes d'eau" et le tout dans un cadre enchanteur. En faisant abstraction de l'environnement et par l'ampleur de la face, la qualité du rocher, l'ambiance de l'escalade, j'aurais pu me croire engagé dans une voie d'une montagne emblématique des Pyrénées: sentiment d'être proche et loin en même temps de la civilisation.

La voie est belle, peu soutenue sur ses 4 premières grandes longueurs de 60m puis se redresse subitement, fièrement, prête à vous faire fumer les bras.
Le caillou y est irréprochable, voire magnifique avec son mur à goutte d'eau pour le dessert.
La ligne voyage entre les touffes d'herbe que vous piétinez grassement et momentanément que dans la 5ème longueur pour arriver au pied du dièdre. Dans le fond de ce dernier, la chlorophylle ne vous dérange point, puisque la technique de la reptation verticale par opposition est de rigueur.

Voie semi équipée: 6a+ / A0 oblig.
Tous les relais sont équipés pour le rappel.
Dans la partie couchée, l'équipement est composé de ponts de rocher et de spits et est plutôt aéré. A compléter avec du matos.
Dans la partie verticale, on retrouve du spit et toute une série de pitons. Certains pas sont très bien protégés tandis que d'autres passages sont plus exposés avec une impossibilité de rajouter des points (Mur de L8) et donc bien obligatoires. Du coup, il nous semble préférable d' avoir de la marge car le Ao nous parait pas toujours possible dans les crux.

Le site



Le topo:



C'est parti pour le voyage.





L’œil d'Anboto veille...



Le plat de résistance à portée de corde.


1er round: Attention, j'ai recalé le dernier piton à la main, piton qui voulait se faire la malle sous le poids de la dégaine: à éviter donc.





2ieme round: Elle entame bien les bras.




3ieme round: un mur de type crépi, raide à passer, puis une succession de ressauts pour sortir la voie. Après le rétablissement du mur à goutte d'eau, mieux vaut pas se la coller car le point suivant est loin et la possibilité de mettre du matos est nulle.



Cinq heures après notre décollage, c'est la congratulation. Ne connaissant ni l'un ni l'autre le coin, nous décidons d'aller au sommet de ce fameux Anboto puis de descendre par un sentier balisé côté Sud Est qui ramène vers le village où nous avons laissé la voiture.

Descente bucolique...


Un joli cadre:




Pour la petite histoire, nous avons utilisé un jeu de friends et 2 ou3 microfriends.
Attention: période d'escalade autorisée d'Octobre à Décembre.

Vous pouvez trouver des infos complémentaires sur le site des ouvreurs: www untzillaitz-sur.com