dimanche 19 mars 2017

Gourette / Pène Médaa: goulotte des yeux

Un, deux, trois ....puis quatre, cinq, six....et plus bas, sept, huit.
Huit silhouettes,réparties en 3 cordées, se dessinent sur la première longueur d'accès aux difficultés.
Fraichement débarqué du télésiège ( on l'a joué feignant), on reste médusé devant le succès de cette goulotte.
On se retrouve alors, devant cette problématique: que fait on?
On observe les cordées, réfléchissons au plan B et C, pensons aux 14.50 € que l'on vient de lâcher pour en arriver là.
On hésite beaucoup sur la suite à donner à notre journée grimpe pour se dire finalement qu'on laisse tomber au vue de la lente progression des cordées.
Plan B, plan C voire D pour être résigné à faire une journée ski en station, histoire de ne pas s'être levé pour rien.
On sert les chaussures de ski et entamons la descente.
Et puis..., et puis..., et puis, j'entends ce ricanement au fin fond de moi, cette jubilation du père Rio, qui lui bloqué à la maison, se venge de son sort en se moquant bien de nous.
Avant un plongeon définitif vers la station, nouvel arrêt. On craque et d'un commun accord, décidons de mettre nos têtes à l'épreuve des glaçons. On dit que le ridicule ne tue pas, mais les risées de Jean Pierre sont encore plus dures à supporter.

Heure de pointe:


On est décidé




Notre L2: on a pris la branche de gauche pour être à l'abri des projectiles.Les plaquages de la rampe sur le haut sont peu épais malgré les apparences, sonnent creux par endroits et des fissures s'y sont formées.




L3: 60m avec ressaut au départ à 80°: glace partant parfois en assiettes à défaut de trouver les trous des piochons de nos prédécesseurs



Encore dix mètres, et on sort des difficultés pour retrouver un terrain plus couché.



Pour finir, un petit coup de corde tendue sur 150m , pour aller chercher la petite brèche où se trouve le rappel de 45m.




Malgré la proximité de la station, un joli terrain de jeu.


La goulotte des yeux et n'oubliez pas  "Big Brother is watching you"


Avec les très bonnes conditions actuelles, nous avons utilisé comme matos qu'une dizaine de broches. Friends et pitons inutiles.

lundi 13 mars 2017

Arguis: Relooking de "Hoy, mejor que ayer".

Nous sommes partis samedi à Arguis pour aller faire un petit relooking de la dernière voie que nous avions ouverte avec Jean Pierre en Décembre 2015, "Hoy, mejor que ayer".
Cette fois ci, nous sommes accompagnés par Louis, le véritable pro du BTP qui fera un sacré boulot de terrassement et de voirie pour mettre nickel le chemin d’accès et de débroussaillage dans les quelques petites parties végétalisées de la ligne.

On en profite pour rallonger de deux petites longueurs le voyage ( presque) vertical, de modifier par endroits le trajet pour aller chercher le bon et beau caillou et donc par définition de modifier certains points de protection à demeure.

L'occaz aussi pour se rendre compte que nous avions été très généreux dans les cotations et que sur le dernier topo, elles sont revues à la baisse.

Autre intention: faire une sortie plus directe par le dièdre à gauche du grand toit mais si possible en libre.
A son pied, on se rend vite compte que la fissure repérée pour passer est bien sale et que de toute façon, cette histoire sent le pas en A...et quelque chose. Si c'est pour faire de l'artif, autant garder la sortie originale!!!

Une fois en haut, nous sommes partis chercher les rappels du secteur Blue Velvet pour la descente.

Tous les relais se font sur un spit à compléter sauf R5 sur arbre au pied d'un ressaut.
Pour la petite histoire prendre un jeu de friends jusqu'au n°3, totem bleu et jaune (pas indispensables)  et un jeu divers de coinceurs.

Le nouveau topo


La bande dans la voie:








 

Charme du lieu...



...et caillou enchanteur.


samedi 4 mars 2017

Montagne d'Areng :" Non gogoa, han zangoa" TD

La montagne d'Areng est un peu la grande sœur de notre Moulle de Jaout en vallée d'Ossau: mêmes orientations, mêmes altitudes,mêmes pistes forestières et surtout mêmes styles de grimpe.
Un mixte entre rochers, arbres et arbustes dans les parties faciles et surtout une possible reptation verticale grâce aux touffes, et pas n'importe lesquelles, aux touffes d'herbe gelées.
Cependant, à Areng, le terrain de jeu est plus raide et présente beaucoup plus de possibilités de lignes avec des difficultés plus sévères.

Ces derniers temps, la montagne d'Areng a subi de nombreux assauts qui ont aboutis par l'ouverture de nouvelles lignes plus ou moins dures ( plutôt dures). Le maitre incontestable du coin, le patron pour nous, c'est Henri Fiocco, qui petit à petit, avec son compagnon Jean Pierre Pujol, proposent régulièrement de nouveaux voyages verticaux.
Et puis,  vous pourrez y croiser aussi d'autres ostrogoths. Nous!!! 

Montagne d'Areng :  Photo de 2016 qui met bien en évidence toutes les possibilités de lignes avec la très célèbre entaille du couloir Fanou au centre.


L'an dernier, en fin de saison, avec jean Pierre, nous avons tenté un nouveau truc mais les conditions n'étant pas là, et après quelques dizaines de mètres, ce fut retour case départ pour aller finir dans le couloir Fanou.
Comme dit un proverbe basque:" Non gogoa, han zangoa". La traduction la plus soft correspond à "Là où il y a une volonté, il y a un chemin."
Selon les individus et la situation, on peut aussi le traduire plus simplement par: "Quand tu l'as dans la tête, tu ne l'as pas au cul."
Donc nous voici de retour pour continuer cette aventure avec l'aide cette fois ci de Louis qui ne gardait pas un bon souvenir du coin après avoir pris un énorme éclat lors de sa première venue il y a deux ans.
Sur le parking, on sera rejoint par le Patron Henri qui nous accompagnera jusqu'à la cabane.

Le Maestro et le garçonnet à la cabane.


La ligne convoitée remonte un dièdre dessiné par un éperon détaché à gauche du couloir Fanou.


Le topo de Jean Pierre


L1: longueur courte sans difficultés qui permet d'aller faire un bon relais sur des gros sapins tout en étant bien protéger des chutes de glaçons pierres. 60°

L2: Tout se joue dans cette longueur. Le crux est un passage successif de deux ressauts verticaux à déversants,  suivis d'une sortie pas évidente sur dalle garnie de quelques touffes d'herbe. 4 spits en place. M6/90° relais sur spits.





Photos de L2 prises du plancher des vaches par Henri.







L3: Changement de leader ou de laideur au choix. Après cette L2 un peu baston, c'est balade au marché avec des touffes d'herbe de mieux en mieux gelées rendant les ancrages quasi inarrachables, sans risque d'exploser en assiettes des paquets de glace. M4/ 75° relais sur arbre



Photos prises par Henri.




L4: Après avoir fait une petite traversée très facile pour faire R3 bis, on franchit un ressaut pour déboucher dans un petit cirque. 60° relais sur arbre.



L5: Ressaut à franchir en dry touffing pour sortir du cirque et rejoindre les pentes supérieures. 75° relais sur arbre.



Descente facile en rejoignant l'arête faitière et en allant chercher un couloir en neige vers la gauche.



Pour la balade prendre un jeu de coinceurs, friends et 3 pitons divers.

Et surtout, n'oubliez pas: "Non gogoa, han zangoa".