jeudi 7 mars 2019

Céciré, voie Bibendum 250 m TD


Courant mois de Janvier de cette année, Henri Fiocco, Jean Pierre Pujole et P Le Corre ont ouvert une nouvelle ligne sur le Céciré.
Je connais bien Henri et j'aime particulièrement sa philosophie sur la pratique de l'alpinisme en hiver et sa façon d'aborder la grimpe: une ligne, un équipement à demeure très saupoudré si besoin et surtout un voyage, si possible spirituel et technique.
J'ai eu l'occaz d'ouvrir 1 ligne dans son jardin la Montagne d'Areng, encordé avec lui entre autre: Le Pilier Basque. Ce fut une belle journée de grimpe et d'échanges amicaux.
Du coup, sa nouvelle voie au Céciré, m'a donné une envie d'aller y découvrir le massif.

Pour l'aventure du jour, mon compagnon est un champion du Dry mais préfère s’exercer dans le mixte: Paul Marie.

Le Céciré


Pour accéder à la face, on vous déconseille de suivre la crête sur les hauteurs  mais de prendre  la piste de ski qui descend sur la droite et qui permet de remonter facilement les pentes d'accès au Céciré.
L'accès à la voie se fait par des pentes de neige qui se redressent de plus en plus , et qui, pourraient être par certaines conditions, un poil avalancheuses.


 Sur le haut des pentes, nous nous encordons pour négocier un rétrécissement un peu plus raide et faire une estimation des conditions.
Là où il y a cumul de neige, c'est le brassage assuré. Par endroit, lorsque la neige est peu épaisse, les piochons mordent parfaitement le sol .

Paul dans notre L1



L2 se compose d'un ressaut mixte beaucoup plus raide avec moins de neige et chaque frappe de piolet s'ancre dans un sol ou touffe d'herbe bien durs. La banane me raie le visage car à partir de là, je sais que les conditions sont réunies pour sortir la voie



Paul à notre R2


Notre longueur suivante contourne un ressaut vertical par la gauche au départ pour déboucher sur un autre ressaut très raide. Les ouvreurs ont franchi ce mur par sa gauche tandis que devant moi se dresse un joli dièdre cheminée.
Comme un fondant au chocolat que l'on présente à un gros gourmand affamé, je me décide pour le dièdre.
La grimpe y est prometteuse et va me demander de m'appliquer un peu en alternant mouv' d'escalade, tractions sur piolets coincés dans des fissures et quelques frappes dans la glace qui tapisse le dernier tiers du dièdre. Toute la protection se fait assez facilement sur Friends.



Je n'ai pas osé lui dire sur le moment, mais les piolets, ça s'utilise avec les mains et pas avec les dents!!!😂


Les difficultés étant terminées, nous rejoignons le sommet en suivant une sorte de croupe herbeuse en corde tendue.


Nous ferons le retour par la voie normale qui récupère l'ancien tracé du GR. Attention aux conditions de nivologie dans le secteur et gare aux glissements de plaques sur ces raides pentes herbeuses que l'on traverse sur une bonne partie.

Pour le voyage, nous avons utilisé un bon jeu de Friends jusqu'au n°3 en doublant toutes les tailles intermédiaires et un jeu de coinceurs. Nous n'avons vu aucun matériel en place et tous les relais sont à monter.
Une excellente journée montagne en bonne compagnie.
Merci Paul.


jeudi 28 février 2019

Un peu de tout et beaucoup de rien

Avec ses 3 semaines de vrai hiver, la saison d’alpi aura été un poil compliquée pour nous.
Début février, on trouvera tout de même le moyen d'aller faire le couloir Nord de Agula situé derrière Candanchu, couloir pas très compliqué mais qui a le mérite d'être très esthétique.
Nous y trouverons des conditions optimales et torcherons le couloir en solo ou en corde tendue en raison des cordées du dessus qui envoyaient des pavés de glace.
On redescendra par l'option couloir en alternant descente dans la pente et rappels pour les ressauts.

Couloir Nord de Agula





Mi février, l'objectif est la face Nord du Visaurin.
Jean Pierre, malade, passe une mauvaise nuit. Le lendemain ,changement de plan: il ne se voit pas se taper 3 heures d'approche.
Et puis pas très loin, on aperçoit une belle cascade qui semble nous tendre les bras.
On y va bien motivé mais au pied, le ressaut surplombant suinte à souhait de micro cascades d'eau.
Demi tour donc, pour finir à la Pena de Aniès, avec à mon gout, une reprise du caillou un peu prématurée.

La cascade en question


Retour sur le caillou






Et puis, weekend passé, dernière visite au cirque qui est en train de tirer sa révérence hivernale.
On savait que durant la semaine, il y avait eu énormément de grimpeurs mais tant pis, on voulait lui faire nos adieux une dernière fois.
Et puis, par miracle du net qui vantait la surfréquentation du coin, on s'est retrouvé au total à 5 cordées dans le cirque ce samedi.
FMJ, jean Pierre et Mathieu iront faire la voie Solo et une autre au deuxième étage après avoir accéder par Freezante, tandis qu'avec Olivier on se contentera du 1er étage.

Gavarnie toujours aussi magique








mercredi 6 février 2019

Vallée d'Aspe Rocher de la Vierge: "La virgule" TD M5+


Avec Jean Pierre, on était parti pour continuer notre aventure dans le grand dièdre du rocher de la Vierge, et puis , lèvres collées à la tasse à café,les yeux rivés à travers les carreaux sur cette face, on constate que les conditions ne seraient pas mauvaises pour aller essayer d'ouvrir à la journée une ligne repérée l'an dernier lors de la venue au monde de "Estives hivernales"

"On reconnait les longueurs à la Six: 60m dans le raide, 3 points. Faut pas se la coller".
-Désolé, j'ai pas trouvé mieux.
-Il vont être contents les répétiteurs!
- Si il y a répétiteurs...
-Moi, j'te dis que j'aurai mis du spits à gaver.
-Ben non, c'est une voie Rio!!!!"

Le ton de l'ambiance est donné: juste un peu expo.
Partis la fleur au fusil en se disant qu'on allait vite torcher la chose, on se retrouve dans le couloir d'accès à brasser la neige jusqu'à la taille. Il nous faudra un temps phénoménal pour remonter les 100 m de déniv' qui nous séparent du pied de la paroi.
Belle pente de neige avec ses 45/50° et chargée à souhait. D'un coup, on pense aux héritiers et on se dit que c'est un peu con pour eux car nos ARVA ou DVA sont au chaud dans la voiture. Va falloir qu'ils attendent le printemps pour toucher leur leg....

Mais comme notre intuition n'est pas en alerte et que nous ne sommes pas tout à fait normaux ( cela fut notre constatation dans le couloir) à coup de petits pas et de patience, nous arrivons en nage au pied de la voie.

Approche bucolique au départ....



Puis un peu moins par la suite....


L1: 60m ou possibilité de la fractionner en deux au niveau du 3ème spit. Pas très compliquée mais peu de possibilités de protéger avec un caillou compact et des touffes d'herbe peu épaisses. Relais à gauche sur arbre à la sortie sur l'épaulement.




Notre L2: Un truc plus technique qui s'applique à jouer au chat sur des dalles en sortie.





La dernière longueur est plus simple grâce au conditions de gel qui permettent des ancrages de rêves (60/70°)
Il était temps de terminer, car une urgence se faisait sentir pour moi: sauver mes orteils de la gelure. Les shoes de semi saison ,c'est bien, mais en semi saison. Et puis, on s'est bien fait asmater par le froid!

Un bien joli secteur avec vues imprenables sur le plateau de Bedous.




Le topo de Jean Pierre.



mardi 8 janvier 2019

Billare: face NO, honneurs au Dry Touffing avec "La rampe" ED- / ED


Il semble encore une fois avec ce début d'hiver, que l'alpinisme hivernal dans les Pyrénées, façon traditionnelle, soit en péril et que le réchauffement climatique ne va pas améliorer la chose.
Les photos avec les piolets ancrés dans la glace jusqu'à la garde vont devenir des archives précieuses et outils pédagogiques pour expliquer et permettre aux futures générations de mieux comprendre les pratiques d'escalade d'un autre temps.

Mais voila, certains d'entre nous ne se laissent pas abattre et inventent de nouvelles stratégies de grimpe pour exploiter, d'une autre façon, les faiblesses de nos terrains verticaux.
Manu Ibarra, Henri Fiocco, Rémi Thivel et une poignée d'autres grimpeurs en sont les précurseurs : le Dry Touffing.
Nous, simples disciples, y avons pris goût et compensons notre frustration hivernale par cette activité, ma foi, fort riche en technicité, en émotions divers et surtout... en possibilités.
Il faut bien avouer qu'avec Jean Pierre, nous ne regardons plus les parois de la même manière, et que du coup, avec cette nouvelle vision de la grimpe, nous voyons naître pleins de projets.

On adore cette activité, ce mixte caillou, neige et herbe,où l'on retrouve ce savant mélange des techniques de progression des activités grimpe dans leur ensemble.
Une condition reste tout de même de mise: le froid et son lot de gels.

Fin Janvier 2018, acte 1.
Avec Louis et Jean Pierre, nous prenons la direction de la face NO du Billare. Auparavant, nous y avions repéré une sorte de banquette semi herbeuse qui remonte haut dans le massif et que nous souhaitions exploiter.
Problème de taille: son accès avec un départ très raide et pas simple à négocier.

"La rampe " avec sa forme en virgule (photo JP)


L1 va nous donner le ton. Il va falloir vraiment que je m'applique....(photos de JP). La longueur est courte mais intense. 1 piton en place.




Etant dans le bain , je repars pour L2. Courte mais ....idem intense. 1 spit en sortie de dalle.




Cette fois, un peu entamé, Jean Pierre prend la relève. Un départ raide pour aboutir sur des dalles vraiment coquines: 3 spits



Il nous faudra la totalité de la journée pour ouvrir ces 3 petites longueurs.
On décide de descendre avant la nuit et de fixer une corde.

La suite qui nous attend:



Février 2018 acte 2.
On remonte la corde quand une pierre vient se fracasser (ou plutôt fracasser ) mon avant bras.
Descente prématurée, petit séjour aux urgences et quelques semaines d'arrêt.

L'hiver pourri ne nous permettra pas de repartir là bas.

Janvier 2019 acte 3:
Avec Jean Pierre, nous sommes de nouveau au pied de la rampe. Louis, hors service pour une longue période, n'est pas avec nous mais veut que l'on termine sans lui.
Les conditions sont optimales: pas de neige et un froid bien présent qui solidifie tout ce qui touche.
"La rampe "est vite avalée avec ses 4 grandes longueurs faciles ( entre 40 et 60m) pour aller buter sur un dernier ressaut qui mène sur une arête et une aiguillette.



Derniers efforts pour franchir le ressaut final qui s'avère très sympa à faire avec un mixage de grimpe piolets et escalade mains nues. 3 spits.




Dernier relais de l'autre côté de l'arête


La fameuse aiguillette avec en arrière plan l'Anie. Devinez quel nom je lui ai donné à cette petite aiguille...????😂


Descente en rappels dans la voie.

Le topo fait par JP



Une belle voie dans un très joli cadre qui nous aura demandée de beaux efforts.
Vive le Dry Touffing!!! 
Suivant comme dit l'autre....