mardi 26 mars 2019

Pena Foratata: Plaisirs verticaux, du vrai plaisirs verticaux!

Cette fois ci, le père Rio, sachant que j'ai d'autres choix de cœur plus personnels, que de partager la corde avec lui, (surtout pour une reprise caillou qui me motive moyennement), avait tout intérêt pour lui, de me proposer un truc pas trop foireux et qui me donnerait l'envie de respirer la magnésie.
Il faut bien avouer qu'avec la répétition de sa nouvelle voie ouverte cet hiver, il y sera parvenu.

Direction donc un massif que l'on affectionne particulièrement, la Pena Foratata, pour aller refaire sa toute dernière petite locale:" Les plaisirs verticaux".

Le topo:


La voie s'avère fort sympathique,homogène dans sa difficulté,proposant des passages variés avec tout de même une tendance grimpe dalle même si L1 et L2 sont typées fissures.
Dans l'ensemble, le caillou est bon à très bon avec quelques très courtes sections demandant un peu d'attention mais pouvant se négocier sans stress. On profite de notre venue pour aussi assainir les portions présentant des pierres branlantes.
La protection se fait sur friends et  les parties compactes sont équipées ainsi que les relais pour les rappels.
Accès ce jour au pied de la voie en tennis sans problème.

L1, un beau départ pas dégueu qui commence par une fissure verticale et finit par une petite traversée en dalle sur la droite

 
L2: Il faut partir sur la gauche pour remonter une bien sympatoche rampe à droite qui se remonte grâce à un système de fissures.




L3: Place au jeu de pieds. Belle dalle avec des croutes à serrer



L4: On continue le fandango ( à défaut du tango)




L5: Maitre Jean Pierre, sur un arbre perché....



L6: Dernier coup de cul avant d'entamer la descente en rappels



Un sacré joli coin...






Pour le voyage, prendre un jeu de friends jusqu'au n°3 et un jeu de micro.

jeudi 7 mars 2019

Céciré, voie Bibendum 250 m TD


Courant mois de Janvier de cette année, Henri Fiocco, Jean Pierre Pujole et P Le Corre ont ouvert une nouvelle ligne sur le Céciré.
Je connais bien Henri et j'aime particulièrement sa philosophie sur la pratique de l'alpinisme en hiver et sa façon d'aborder la grimpe: une ligne, un équipement à demeure très saupoudré si besoin et surtout un voyage, si possible spirituel et technique.
J'ai eu l'occaz d'ouvrir 1 ligne dans son jardin la Montagne d'Areng, encordé avec lui entre autre: Le Pilier Basque. Ce fut une belle journée de grimpe et d'échanges amicaux.
Du coup, sa nouvelle voie au Céciré, m'a donné une envie d'aller y découvrir le massif.

Pour l'aventure du jour, mon compagnon est un champion du Dry mais préfère s’exercer dans le mixte: Paul Marie.

Le Céciré


Pour accéder à la face, on vous déconseille de suivre la crête sur les hauteurs  mais de prendre  la piste de ski qui descend sur la droite et qui permet de remonter facilement les pentes d'accès au Céciré.
L'accès à la voie se fait par des pentes de neige qui se redressent de plus en plus , et qui, pourraient être par certaines conditions, un poil avalancheuses.


 Sur le haut des pentes, nous nous encordons pour négocier un rétrécissement un peu plus raide et faire une estimation des conditions.
Là où il y a cumul de neige, c'est le brassage assuré. Par endroit, lorsque la neige est peu épaisse, les piochons mordent parfaitement le sol .

Paul dans notre L1



L2 se compose d'un ressaut mixte beaucoup plus raide avec moins de neige et chaque frappe de piolet s'ancre dans un sol ou touffe d'herbe bien durs. La banane me raie le visage car à partir de là, je sais que les conditions sont réunies pour sortir la voie



Paul à notre R2


Notre longueur suivante contourne un ressaut vertical par la gauche au départ pour déboucher sur un autre ressaut très raide. Les ouvreurs ont franchi ce mur par sa gauche tandis que devant moi se dresse un joli dièdre cheminée.
Comme un fondant au chocolat que l'on présente à un gros gourmand affamé, je me décide pour le dièdre.
La grimpe y est prometteuse et va me demander de m'appliquer un peu en alternant mouv' d'escalade, tractions sur piolets coincés dans des fissures et quelques frappes dans la glace qui tapisse le dernier tiers du dièdre. Toute la protection se fait assez facilement sur Friends.



Je n'ai pas osé lui dire sur le moment, mais les piolets, ça s'utilise avec les mains et pas avec les dents!!!😂


Les difficultés étant terminées, nous rejoignons le sommet en suivant une sorte de croupe herbeuse en corde tendue.


Nous ferons le retour par la voie normale qui récupère l'ancien tracé du GR. Attention aux conditions de nivologie dans le secteur et gare aux glissements de plaques sur ces raides pentes herbeuses que l'on traverse sur une bonne partie.

Pour le voyage, nous avons utilisé un bon jeu de Friends jusqu'au n°3 en doublant toutes les tailles intermédiaires et un jeu de coinceurs. Nous n'avons vu aucun matériel en place et tous les relais sont à monter.
Une excellente journée montagne en bonne compagnie.
Merci Paul.


jeudi 28 février 2019

Un peu de tout et beaucoup de rien

Avec ses 3 semaines de vrai hiver, la saison d’alpi aura été un poil compliquée pour nous.
Début février, on trouvera tout de même le moyen d'aller faire le couloir Nord de Agula situé derrière Candanchu, couloir pas très compliqué mais qui a le mérite d'être très esthétique.
Nous y trouverons des conditions optimales et torcherons le couloir en solo ou en corde tendue en raison des cordées du dessus qui envoyaient des pavés de glace.
On redescendra par l'option couloir en alternant descente dans la pente et rappels pour les ressauts.

Couloir Nord de Agula





Mi février, l'objectif est la face Nord du Visaurin.
Jean Pierre, malade, passe une mauvaise nuit. Le lendemain ,changement de plan: il ne se voit pas se taper 3 heures d'approche.
Et puis pas très loin, on aperçoit une belle cascade qui semble nous tendre les bras.
On y va bien motivé mais au pied, le ressaut surplombant suinte à souhait de micro cascades d'eau.
Demi tour donc, pour finir à la Pena de Aniès, avec à mon gout, une reprise du caillou un peu prématurée.

La cascade en question


Retour sur le caillou






Et puis, weekend passé, dernière visite au cirque qui est en train de tirer sa révérence hivernale.
On savait que durant la semaine, il y avait eu énormément de grimpeurs mais tant pis, on voulait lui faire nos adieux une dernière fois.
Et puis, par miracle du net qui vantait la surfréquentation du coin, on s'est retrouvé au total à 5 cordées dans le cirque ce samedi.
FMJ, jean Pierre et Mathieu iront faire la voie Solo et une autre au deuxième étage après avoir accéder par Freezante, tandis qu'avec Olivier on se contentera du 1er étage.

Gavarnie toujours aussi magique








mercredi 6 février 2019

Vallée d'Aspe Rocher de la Vierge: "La virgule" TD M5+


Avec Jean Pierre, on était parti pour continuer notre aventure dans le grand dièdre du rocher de la Vierge, et puis , lèvres collées à la tasse à café,les yeux rivés à travers les carreaux sur cette face, on constate que les conditions ne seraient pas mauvaises pour aller essayer d'ouvrir à la journée une ligne repérée l'an dernier lors de la venue au monde de "Estives hivernales"

"On reconnait les longueurs à la Six: 60m dans le raide, 3 points. Faut pas se la coller".
-Désolé, j'ai pas trouvé mieux.
-Il vont être contents les répétiteurs!
- Si il y a répétiteurs...
-Moi, j'te dis que j'aurai mis du spits à gaver.
-Ben non, c'est une voie Rio!!!!"

Le ton de l'ambiance est donné: juste un peu expo.
Partis la fleur au fusil en se disant qu'on allait vite torcher la chose, on se retrouve dans le couloir d'accès à brasser la neige jusqu'à la taille. Il nous faudra un temps phénoménal pour remonter les 100 m de déniv' qui nous séparent du pied de la paroi.
Belle pente de neige avec ses 45/50° et chargée à souhait. D'un coup, on pense aux héritiers et on se dit que c'est un peu con pour eux car nos ARVA ou DVA sont au chaud dans la voiture. Va falloir qu'ils attendent le printemps pour toucher leur leg....

Mais comme notre intuition n'est pas en alerte et que nous ne sommes pas tout à fait normaux ( cela fut notre constatation dans le couloir) à coup de petits pas et de patience, nous arrivons en nage au pied de la voie.

Approche bucolique au départ....



Puis un peu moins par la suite....


L1: 60m ou possibilité de la fractionner en deux au niveau du 3ème spit. Pas très compliquée mais peu de possibilités de protéger avec un caillou compact et des touffes d'herbe peu épaisses. Relais à gauche sur arbre à la sortie sur l'épaulement.




Notre L2: Un truc plus technique qui s'applique à jouer au chat sur des dalles en sortie.





La dernière longueur est plus simple grâce au conditions de gel qui permettent des ancrages de rêves (60/70°)
Il était temps de terminer, car une urgence se faisait sentir pour moi: sauver mes orteils de la gelure. Les shoes de semi saison ,c'est bien, mais en semi saison. Et puis, on s'est bien fait asmater par le froid!

Un bien joli secteur avec vues imprenables sur le plateau de Bedous.




Le topo de Jean Pierre.